Raphaël Pomey
Raphaël Pomey

25 août 2025 2 minutes de lecture

Lausanne: quand on me dit que j’exagère

Des émeutes urbaines ont frappé la capitale vaudoise. Je les annonce dans un roman.

Je suis Raphaël Pomey, du journal Le Peuple
Je vous propose ce petit guide de l'écriture journalistique pour 5 CHF

Chers amis, chers camarades,

Je vais vous lire un court extrait du début de la troisième partie de mon dernier roman:

"Cette ville, ça devient vraiment n’importe quoi », avait d’abord pesté Alice, vers 1 heure du matin, lorsqu’une première salve de voitures, les sirènes hurlantes, avait fait route vers le quartier des boîtes.

C’était un dimanche matin sur la terre. Comme le couple, enfin Bruno surtout, avait un peu picolé avant de se mettre au plumard – il avait cuisiné des pâtes aux fruits de mer –, les paupières s’étaient rapidement faites lourdes, malgré le bruit, et les amoureux, enlacés, s’étaient replongés dans le sommeil, oubliant le chaos grandissant qui les entourait. Tristan et Iseult avaient bien dormi dans la forêt, vivant du produit de leur venaison. Eux pouvaient bien supporter le bruit des sirènes aux Sapins, le nom de leur quartier."

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Lorsque j’ai défendu mon roman "D’où jaillira la vie" devant un parterre de profs retraités, récemment, on m’a fait remarquer que ma description des tensions sociales (appelons ça ainsi) à Lausanne était parfaitement catastrophiste. Selon eux, je verrais tout en noir et la Suisse resterait « encore bien préservée, faut pas dramatiser. »

La troisième partie de mon bouquin débute par une scène d’émeutes dans laquelle mon héros est pris, à la recherche d’un scoop. Divers rebondissements l’amènent ensuite à visiter un quartier inspiré par des reportages réalisés à Prélaz et à Praz-Séchaud au début de ma carrière. On m’a dit que je voulais, dans ce passage, importer des tensions qui n’existaient pas, que j’avais trop d’imagination, etc. Ironie de l’histoire : tout ce qui avait choqué ces belles âmes, je l’avais directement vécu avant de l’écrire.

Disons les choses clairement : je passe énormément de temps avec des jeunes issus de l’immigration, au sport. On se vanne énormément, mais eux ne me voient pas comme « le Suisse », et moi je ne les vois pas non plus comme « les étrangers ». Nous sommes simplement des bons copains.

Pour autant, je crois qu’il faut cesser de se fermer les yeux. Il y a des quartiers entiers dans certaines villes – plaise à Dieu qu’Yverdon fasse encore un peu exception, avec son identité populaire – où le chaos vient.

Il faudra, pour y faire face, un peu plus que de gentils animateurs socioculturels.

Que Dieu nous garde,
Raphaël


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Raphaël Pomey
Lancé il y a 3 ans

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